LAFARGUE – Le Droit à la paresse

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Si le travail est une valeur, pourquoi ceux qui le prônent aux autres ne travaillent-ils pas ? Les bourgeois sont oisifs. Si le travail n’est pas une valeur, autrement dit, une fin en soi, mais s’il n’est qu’un simple moyen, pourquoi la vie entière de tant d’individus s’y engouffre-t-elle, sans reste, quand les machines rendent chaque jour moins nécessaire le travail humain ? Pour résoudre ce dilemme, Paul Lafargue, le gendre de Marx, propose une réduction drastique du temps de travail, à 3 heures par jour, et proclame les droits de la paresse, pour tous.

O. Avant-propos


Philosophie de la jouissance opposée à celle de la souffrance, promue par le catholicisme et la bourgeoisie, autrefois épicurienne et libre-penseuse. De cette apologie de la souffrance procèdent les politiques d’austérité envers les travailleurs, dont les normes sont intériorisées par eux. Éloge du communisme, comme condition du développement harmonieux de l’homme, dans toutes ses dimensions. Le Droit à la paresse, écrit dans la prison de Sainte Pélagie, en 1883, est une réfutation du droit au travail.

I. Un dogme désastreux


L’amour du travail est une folie, prêchée par les moralistes, les économistes, les prêtres, et ses conséquences, tant sur l’esprit que sur le corps, sont funestes. La haine du travail est naturelle. Les Grecs de l’Antiquité n’avaient que du mépris pour le travail, et leur civilisation fut florissante à tous égards. Le Christ prêcha la paresse. Le Dieu créateur du christianisme est paresseux. Le prolétariat s’est laissé pervertir par le dogme du travail, origine de toutes les misères individuelles et sociales.

II. Bénédictions du travail


L’on mate le désir d’indépendance de l’homme par le travail. Hommes, femmes et enfants sont condamnés à du travail forcé, et à la faim, et en redemandent, au lieu de s’émanciper collectivement. Des enfants travaillent 12 heures par jour. Pourtant, poètes et philosophes chantent le travail. Tableau des misères industrielles par Mieg et Villermé. La philanthropie des capitalistes qui donnent du travail aux pauvres consiste à s’enrichir sur leur dos. Travail et misère s’entretiennent l’un l’autre. Les travailleurs affamés, aliénés, demandent du travail au lieu d’exiger du pain. La passion du travail produit les crises de surproduction. Les banques s’y enrichissent. Ce qui ne peut s’exporter est gâché et détruit, au lieu de servir. Nécessité de réclamer le droit à la paresse, et de se contraindre à ne travailler que 3 heures par jour, pour consommer la production.

III. Ce qui suit la surproduction


Antique rêve d’un retour à l’âge d’or grâce à la machine. Au lieu de profiter du loisir donné par la machine, l’homme entre dans une folle concurrence avec elle. Éloge des amours et des banquets. La bourgeoisie est surconsommatrice et oisive, tandis que le prolétariat est abstinent. Elle se débauche dans la surconsommation. Les mondanités tyrannisent les bourgeois. Leur domesticité s’accroît démesurément. Naïve volonté prolétarienne d’imposer le travail aux bourgeois. Répression consécutive. La police et l’armée contiennent à l’intérieur ce prolétariat agressif. Double folie des travailleurs : 1) se tuer au surtravail 2) végéter dans l’abstinence. Consécutivement, la bourgeoisie cherche frénétiquement à créer de la demande, entre autres dans les colonies. Naissance de l’obsolescence programmée. Chômage endémique. Nécessité d’un partage du travail. La limitation de la durée du travail, loin de faire chuter la productivité, l’améliore. Exemple de l’Angleterre.

IV. A nouvel air, chanson nouvelle


Lorsque les non-travailleurs seront en surnombre, grâce aux progrès technologiques, il faudra interdire le travail au prolétariat. Il faudra leur prescrire des exercices hygiéniques pour combler leurs loisirs. Une fois la surproduction abolie, la domesticité de la bourgeoisie et les transporteurs de marchandises devront apprendre à se tourner les pouces. Les peuples colonisés seront rendus à leurs mœurs naturelles. La consommation sera universalisée. Fin des discordes sociales. Banquet universel, à l’exclusion des anciens apôtres de la valeur Travail, condamnés au ridicule.

V. Appendice


Témoignages d’autorités illustres ayant condamné le travail.

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Une Réponse to “LAFARGUE – Le Droit à la paresse”

  1. Christine Lagarde, travailleuse sociale Says:

    Reconsidérer le travail, c’est rompre avec une tradition de mépris qui trouve sa source dans l’Ancien Régime, quand les nobles avaient défense de s’adonner au commerce. La Révolution Française n’a pas mis fin à cette attitude. On la retrouve au XIXè siècle chez de nombreux auteurs : Paul Lafargue, dans son livre Le droit à la paresse, recommande à l’homme de ne travailler que trois heures par jour, et de passer le reste du temps à "fainéanter et bombancer".

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